Rien Que Du Bruit #43

un temps de syncope
tout l'air s'est gelé
la chaleur nocturne
et nos tremblements

Soir — Philippe Aigrain

Le 11 juillet dernier, tout l’air s’est gelé. « Homme des communs et homme peu commun, comme l’a dit joliment Edwy Plenel sur Twitter, Philippe Aigrain est mort à son image : sur un chemin de liberté et d’échappée ». 

Une page ici recense les réactions et hommages. Et là, Avant l’après : un point sur la situation de la maison d’édition publie.net dont il était le président. 

Quelque part en Seine-et-Marne, le 8 juillet 2014 (16h10)


« Tant que vous n’utilisez pas Gmail ou d’autres systèmes de surveillance de la Big Tech, à qui vous écrivez, qui vous lisez, et en particulier les infolettres auxquelles vous vous abonnez ne sont l’affaire de personne d’autre que vous. » (David Heinemeier Hansson)

Il y a longtemps que je n’ai plus de compte Facebook. Je viens de supprimer mon compte Instagram. J’utilise en général DuckDuckGo plutôt que Google pour mes recherches, mais je continuais jusqu’à ces jours-ci à utiliser Gmail comme messagerie.

Autant dire : l’outil le plus facile d’utilisation qui existe, et le moins respectueux de votre vie privée. 

C’est un paradoxe : nous sommes suivis en permanence sur Internet, victimes plus ou moins consentes (une grande majorité d’entre nous acceptent sans coup férir les cookies plutôt que de cliquer sur la petite fenêtre qui permet de vérifier leur usage avant de les accepter), mais nos emails devraient toujours relever de la sphère privée.

C’est peut-être votre tante Agathe qui vous écrit pour vous donner des nouvelles de Robert, son chihuahua, vous n’avez pas pour autant envie que votre voisin lise la lettre avant vous, et vous adresse ensuite des bons de réduction pour des croquettes pour chien.

C’est pourquoi j’ai finalement pris un abonnement chez Tutanota (il existe une formule gratuite, pour ceux qui seraient curieux d’essayer), et si je garde Gmail pour le moment, c’est le temps de mettre à jour mes coordonnées un peu partout sur le Net. 

Et vous savez quoi ? C’est bien plus facile que je le pensais. Surtout, cela oblige à réfléchir à tous ces abonnements souscrits au fil des ans, et à la pertinence de les renouveler.

J’ai migré chez Tutanota. Il existe d’autres solutions. Mais Tutanota, avec Proton Mail, me semble être celle qui offre le plus de garanties. Alors oui, la messagerie est moins développée que celle de Google, les options de personnalisation sont moins fines, mais ces « défauts » ne sont rien en comparaison de ce que je gagne en retour.

D’ailleurs, c’est un peu la même chose avec les moteurs de recherche : Google est peut-être encore inégalé, et vous ne trouverez pas toujours ce que vous recherchez en utilisant Qwant, Ecosia ou DuckDuckGo, mais avons-nous vraiment besoin d’avoir réponse à tout, tout le temps ?

Après tout, nous pouvons aussi bien prendre un peu plus de temps pour creuser tel ou tel sujet pointu en parcourant des livres (vous savez, ces gros machins pleins de pages), ou plus prosaïquement nous dire que ça n’est pas bien grave et nous détacher pour quelques minutes de nos écrans.

Quelque part en Seine-et-Marne, le 13 juillet 2019 (18h21)


Pendant plusieurs mois, en début d’année, j’ai utilisé mon iPad comme ordinateur principal, en remplacement de mon portable tombé en panne. Une mésaventure somme toute assez riche d’enseignements quant à nos outils d’écriture, et qui m’a permis de répondre en partie à une question qu’on voit surgir de loin en loin : l’iPad peut-il remplacer l’ordinateur ? 

La réponse, évidemment, dépend de vos usages. Dans la plupart des cas, c’est oui. Il y a cependant des limitations, mais à ma grande surprise, j’ai pu retravailler de fond en comble un manuscrit, sans me trouver limité, bien au contraire : l’immersion dans le texte s’en trouvait singulièrement facilitée.

En revanche, j’ai dû modifier mes habitudes, et changer certains logiciels. Au revoir, Scrivener, coucou Ulysses, content de te retrouver !

Cette plongée du côté geek de l’écriture m’a donné envie d’écrire quelques articles sur le sujet, mais c’est m’éloigner un peu de mon terrain de jeu habituel. Seriez-vous intéressés par des articles plus tournés vers les outils numériques ? 

N’hésitez pas à me le faire savoir.

Au pied du Pic-Saint-Loup, le 8 avril 2021 (à 15h44)


Réseaux sociaux, infolettres, vidéos YouTube, site et blogs perso, podcasts : les possibilités sont multiples pour se faire connaître, mais il n’est pas obligatoire de toutes les utiliser. Comme dit plus haut, je préfère me tenir éloigné des réseaux (excepté Twitter, mais que j’utilise peu). Les blogs sont — malheureusement — de moins en moins lus. Restent les lettres électroniques telles que celle que vous lisez en ce moment, et les podcasts.

Ces deux « supports » me séduisent beaucoup, parce qu’ils ne sont pas subis, mais choisis par celui qui les lit/les écoute. Ils impliquent un engagement des deux parties : celui qui en produit le contenu, et celui qui le reçoit.

J’ai transformé depuis un moment mon site en une sorte de « hub », le lieu de rendez-vous pour qui s’intéresse à ce que je peux avoir à dire, un endroit qui permet l’accès à cette infolettre, à mes articles, mes portfolios, une présentation et des extraits de mes livres.

Je vous ai déjà parlé de Dimitri Régnier, qui produit des podcasts de grande qualité, et réfléchi beaucoup sur le sujet. L’animal m’a donné l’envie de m’y frotter, et si je n’ai pas encore trouvé la formule qui me conviendrait, des idées commencent à fleurir. 

Il y a, je trouve, un rapport tout particulier que nous entretenons avec le son, qui se perd avec la vidéo. C’est une chose sur laquelle j’aimerai travailler plus avant.

Tout ça rentre dans une réflexion plus large concernant cette infolettre, que j’aimerai faire évoluer, tant dans sa forme que dans sa périodicité. Affaire à suivre !


Quelques liens :

Et c’est tout pour cette fois ! Prenez soin de vous, et à bientôt.


PS — Les infos étant de plus en plus anxiogènes, j’ai choisi pour illustrer cette lettre quelques photos de nature que j’ai prises ici ou là, au fil du temps. Un bol d’air frais, ça fait du bien, non ?

Vous pouvez soutenir mon travail en souscrivant un abonnement payant :

Loading more posts…