Rien Que Du Bruit #40

Aujourd'hui : de la musique, des podcasts et quelques interrogations métaphysiques !

Eh ! Vous avez vu, j’ai un nouveau logo 😉 ! Procrastination, quand tu nous tiens…

Un peu plus d’un mois depuis ma dernière missive, j’espère vous avoir manqué un peu. Allez, c’est parti pour 6 minutes maximum de votre temps !


J’ai terminé il y a quelques semaines le dernier jet de mon roman, une réécriture complète, vraiment.

Voici ce que j’écrivais à une amie en janvier dernier : parfois un certain vertige devant la tâche à accomplir; d’autres fois, une confiance sereine. J’ai tout repris, tout déconstruit, et je remonte patiemment les pièces, comme un garagiste peut remonter un moteur après l’avoir décrassé. Je ne saurai qu’à la toute fin, en tournant la clé de contact, si mon moteur ronronne ou si au contraire il crache, se noie et cale!

Quelques jours plus tard, dans mon journal, je notais ceci : deux heures à trimer sur une page. Sentiment mitigé. Mais j’y reviendrais demain et tout se mettra en place. Je ne lâche rien. J’avance pas à pas, mot à mot. Je pèse chaque phrase. Rien ne me satisfait vraiment, mais j’avance. J’écris mon livre.

Et, le lendemain : Des heures sur une page. Une phrase. Changer un mot. Y revenir. Encore et encore. Et, comme par magie, tout s’emboîte. Les phrases coulent sans accrocs. Mais demain, il faudra s’y remettre. La page suivante. La phrase d’après.

Je suis admiratif, et un brin sceptique, devant ces auteurs qui pondent des lignes au kilomètre. Je n’ai peut-être pas la bonne méthode, ou ce sont eux qui n’ont pas la même exigence, je ne sais pas. 

Enfin, maintenant que le texte repose, j’aimerais travailler à des « mises-en-son » autour de ce projet, comme je l’ai fait précédemment pour de courts textes, comme ici ou .

Et aussi, de vraies compositions, en collaboration avec Lilac Flame Son, comme nous l’avions fait également. Ça s’écoute ici, ici et ici. Nous en avons parlé tous les deux, un peu, et peut-être nous arriverons à le faire. Je crois que ce projet s’y prêterait vraiment. Dans mes rêves les plus fous, nous ferions quoi ? Un album entier de « chansons » ? Ou, allez, un EP, quatre morceaux peut-être ?

Je suis admiratif aussi, de Diniz Galhos, qui propose sur Soundcloud la lecture intégrale de son dernier roman, Hakim, paru en octobre dernier aux éditions Asphalte.

Une chose est sûre, et le succès actuel des podcasts le montre, il y a vraiment des choses à faire, à expérimenter avec le format sonore. Dimitri Régnier, lui-même « podcasteur », propose une infolettre toutes les deux semaines consacrée au genre, pleine de pépites à écouter. L’un de ses podcasts, le Mégaphone, est à découvrir ici (et c’est vraiment, vraiment bien).

C’est grâce à Dimitri que j’ai découvert le podcast SAMPLER, le podcast qui vous fait voyager à travers les époques, pour vous raconter l’histoire de ces samples devenus cultes. Dimitri recommandait en particulier l’épisode 3 (à découvrir ici), mais vraiment toute la série est passionnante, si vous vous intéressez au sujet.

Et puisqu’il est question de sample, voici une belle démonstration, ci-dessous, de leurs utilisations par Daft Punk pour construire leurs morceaux. Plutôt bluffant, je trouve.

De son côté, le New York Time propose un programme court, Diary of a song, qui revient sur la genèse de certaines chansons, via des interviews des protagonistes. L’épisode consacré à Sign of the Times, de Prince, m’a passionné.

Je ne sais pas vous, mais moi, Prince me manque vraiment. Je veux dire, vous en connaissez beaucoup, vous, des showmen pareils ? Dans la vidéo ci-dessous, hommage à George Harrison à l’occasion de son intronisation au Rock’n’Roll Hall of Fame, il reste dans l’ombre les trois premières minutes, puis s’avance et éclipse complètement tous les autres présents sur scène.

Et quel solo de guitare, mazette ! Regardez ça :


Je continue d’écrire chaque jour mon journal à la main, et c’est à la fois un plaisir et une corvée. Je ne suis plus habitué à écrire avec un stylo, j’écris mal, et je suis obligé de m’appliquer si je veux avoir une chance de me relire. Parfois, il n’y a plus d’encre dans le stylo ; la pointe du crayon casse et il faut le tailler. Et puis, il y a des choses que je voudrais mettre dans mon carnet que je ne peux pas : des vidéos, par exemple, des liens internet. Des photos, je peux, mais ça m’oblige à les imprimer d’abord. Des citations, je suis obligé de les recopier. Seulement voilà, c’est là qu’est l’intérêt du journal écrit à la main : l’effort, l’obligation de concentration. La fatigue du poignet est bien plus stimulante que la fatigue oculaire engendrée par trop de temps passé sur un écran. Je ne fais pas de généralité, mais j’écris différemment à la main que sur l’ordinateur. Pas mieux, ni moins bien : différemment. Et les deux modes se répondent et se nourrissent l’un l’autre, en définitive.

Et puis, il y a autre chose qui me préoccupe ces temps-ci. On confie notre travail à des applications dont on ne sait pas si elles seront encore là dans 6 mois ou 10 ans. Cette infolettre, par exemple, est hébergée par Substack. Si la société venait à mettre la clé sous la porte, mes archives disparaîtraient avec elle. Pareil pour le contenu de mon site Wordpress. 

« Mes données m’appartiennent, ma présence sur internet, je la loue », écrit Alan Jacob dans un récent billet :

Il est intéressant de réfléchir à la façon dont cette situation diffère de celle de mes livres et essais imprimés. Si mon site devait fermer, toute personne intéressée par ce que j’ai écrit en ligne n’aurait plus qu’à espérer que l’Internet Archive ait bien fait son boulot de sauvegarde. Mais si vous avez acheté un de mes livres, ou un journal dans lequel l’un de mes essais a été publié, quand bien même je souffrirais de Damnatio memoriae, vous aurez toujours ces textes à portée de main. Et je n’imagine pas un monde dans lequel on se donnerait la peine de vous les enlever.

La solution ? Comme le suggère Alan, écrire le plus possible en plain-text pour s’assurer la meilleure compatibilité possible entre les différentes solutions digitales disponibles, faire des sauvegardes de ce qui compte pour vous, et continuer d’écrire sur le support qui vous donne le plus de plaisir à un moment donné, celui qui vous semble adapté à ce que vous souhaitez exprimer lorsque vous en ressentez le besoin.


Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! Portez-vous bien, et rendez-vous dans quelques semaines pour une nouvelle infolettre.